CRUCIFIXION III CRUCIFIXION III

     Tirage  argentique collé sur dibond / C-print on dibond 120 x 75 cm

 

Yves HAYAT avoue s’intéresser plus à la manipulation du réel et à ses images

«imaginées». Véritable consommateur visuel, il photographie, télécharge,

retouche, recadre… bref il met en scène. Par un jeu de superpositions, de

décalages, de détournements, il met en confrontation le passé et le présent, la

beauté et l’horreur, l’indifférence et le fanatisme, le réel et l’imaginaire. Il

essaie de concevoir, à travers un questionnement sur les rapports art /

politique / médias, des oeuvres critiques où transparaît une attirance plastique

pour la culture des médias, du cinéma et de la publicité. Grâce aux avancées

technologiques (internet, le numérique, l’impression sur plexiglas,..), il tente

d’élaborer une sorte de constat de notre histoire, de notre société dans ce

qu’elles ont conçu, transformé, détruit. Il lui semble cependant important de

garder à l’esprit que lorsqu’une oeuvre nous met face à notre monde, elle est là

aussi bien pour poser une interrogation que provoquer un sourire ou créer un

malaise… C’est alors qu’elle échappe au lieu commun.


" Les icônes sont fatiguées " " Les icônes sont fatiguées "

Impressions numériques sur film transparent brûlé, incluses dans coffrets plexiglas

            Digital prints on transparent film, burnt and included in plexiglas boxes

                                                   15 x 20 cm

 

 

 

                                                      “Les icônes sont fatiguées”, où défilent, enfermés dans des boîtes en plexiglas, les visages endormis et marqués par la détérioration de la pellicule, vieillie et brûlée, Warhol et Marlène Dietrich, Che Guevara et Marilyn Monroe,

La Callas et Mao, Dali et Picasso. Inégalable surfer du visible, Hayat n’hésite

pas à fermer les yeux à ceux qu’il représente. On a vu que les destinataires de

cet univers d’icônes consumées finissent par se voir en miroir par le biais du

système de la publicité et de la mode, recevant de ce reflet le même regard

séducteur restitué à Narcisse par l’étang qui le reflète, le condamnant à la fin

à une condition de solitude, qui tend à l’exclure du dialogue avec l’altérité.

(...)

Viana Conti